Accueil Date de création : 17/05/10 Dernière mise à jour : 16/07/12 16:52 / 118 articles publiés

Sommaire  (Sommaire) posté le samedi 14 mai 2011 20:52

                                                                        SOMMAIRE

 Cliquez sur les titres pour accéder directement à l'article.

A :        Adams Douglas : Le Guide du voyageur galactique - H2G2

B :         Ballard James Graham : Crash 

             Bass Rick : Le livre de Yaak 

             Bauchau Henry : Oedipe sur la route

             Böll Heinrich : L'honneur perdu de Katharina Blum

             Boulgakov Mikhaïl : Le Maître et Marguerite

             Boyd William : Visions fugitives

             Boyle T.C. : Talk-Talk

             Brautigan Richard : La pêche à la truite en Amérique suivi de Sucre de Pastèque

             Brown Fredric : La bête de miséricorde 

             Bukowski : Contes de la folie ordinaire

                              Le ragoût du septuagénaire

             Burgess Anthony : L'Orange Mécanique

             Burroughs William : Le festin nu

C:          Camus Albert : La peste

             Capote Truman : De sang froid

             Carroll Lewis : De l'autre côté du miroir

             Carver Raymond : La vitesse foudroyante du passé

             Cervantes Miguel : L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche

             Chalamov Varlam : Les récits de la Kolyma

             Crabb Ned : La Bouffe est chouette à Fatchakulla

D:         Dalh Roald : Kiss kiss 

             Damasio Alain : La Horde du Contrevent

             Dante Alighieri : La Divine Comédie

             Del Amo : Le sel

             Delibes Miguel : Cinq heures avec Mario

             Demornex Jacqueline : Le pire c'est la neige

             Dick Philip K. : Coulez mes larmes, dit le policier

             Dickens Charles : Les grandes espérances

             Dietrich Luc : Le bonheur des tristes

            Dürrenmatt Friedrich : La visite de la vieille dame

E :        Egloff  Tristan : Le Seigneur des Porcheries

            Ellis Bret Esaton : Zombies

            Ellis Warren : Artères souterraines

F:         Fante John : Demande à la poussière

            Faulkner William : Le bruit et la fureur

            Fitzgerald Francis Scott : L'étrange Histoire de Benjamin Button

            Foenkinos David : Inversion de l'idiotie

            Fresnán Rodrigo : La vitesse des choses

            Fromm Pete : Indian Creek

G :       Gadda Carlo Emilio : L'affreux pastis de la rue des merles

            Gaiman Neil : Neverwhere

            Garcia Marquez Gabriel : Cent ans de solitude

            Garcia Tristan : La meilleure part des hommes

            Gary Romain : Les racines du ciel

            Gide André: Les faux-monnayeurs

            Goethe Jean-Wolfgang : Faust

            Gogol Nicolas : Nouvelles de Pétersbourg

            Golding William : Sa Majesté des Mouches

            Gracq Julien : Le rivage des Syrtes

H :       Harrison Jim : Faux soleil

            Hemingway Ernest : Le soleil se lève aussi

            Hesse Hermann : L'ornière

            Himes Chester : L'aveugle au pistolet

            Huysmans Joris-Karl : A rebours

J :         Jarry Alfred : Siloques, superloques, soliloques et interloques de pataphysique

K :        Kafka Franz : Lettre au père

             Kawabata Yasunari : Les servantes d'auberge

             Kerouac Jack : Big Sur

L :         Larsson Stieg : Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

                                      Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d 'une allumette

                                      Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

             Le Clézio Jean - Marie Gustave : Le déluge

             Lehane Denis : Prière pour la pluie

             Leroux Gaston : Le Fantôme de L'Opéra

M :        (de) Mandiargues André Pieyre : La Marge

             Mann Thomas : Mario et le magicien

             Mankell Hening : Le fils du vent

             Mc Coy Horace : On achève bien les chevaux

             Melville Hermann : Moby Dick

             Merle Robert : La mort est mon métier

             Millet Richard : Le goût des femmes laides

             Murakami Haruki : Kafka sur le rivage

            Murakami Ryû : Miso soup

N :        Nabokov Vladimir : Lolita

P :         P4 Andromak :  Nu(es) Intégral(es)

             Paasilinna Arto : Le fils du dieu de l'Orage

             Palahniuck Chuk : Peste

             Pennac Daniel: Au bonheur des ogres

             Poe Edgar Allan : Nouvelles histoires extraordinaires

             Pratchett Terry : Les annales du Disque- Monde : Partie 1 Personnages

                                         Les annales du Disque-Monde : Partie 2 Géographie et Critique

             Pynchon Thomas : Contre-jour

R :         Robbins Tom : Une bien étrange attraction

              Russo Richard : Le phare de Monhegan

S:           Salindger Jerome David : L'attrappe-coeurs

              Sartre Jean-Paul : Le mur

              Schlink Bernhard : Le liseur 

              Selby Hubert Jr. : Le démon

              Sepulveda Luis : Historias marginales 

              Shaffer Mary Ann & Annie Barrows : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

              Simak Donald Clifford : Demain les Chiens

              Steinbeck John : Rue de la sardine

              Stevenson Robert Louis : L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

              Süskind Patrick : Le parfum

T :        Tapply William G. : Casco Bay

                                          Dark Tiger 

             Tchekhov Anton : La Mouette

             Teulé Jean : Le Magasin des Suicides

             Thompson Jim : 1275 âmes

                                         Ici et maintenant

             Tolstoï Léon : Récits de Sébastopol

                                 Guerre et Paix

             Toole John Kennedy : La conjuration des Imbéciles 

             Tournier Michel : Le Roi des Aulnes

             Toussaint Jean-Philippe : L'appareil photo

             Tran-Nhut : Les Travers du Dr porc

             Trail Armitage : Scarface

V:         Vann David : Sukkwan Island

             Vian Boris : L'arrache-coeur

W:         Woolf Virginia : Orlando

x :          Xinran : Funérailles célestes

Z :         Zafón Carlos Ruiz : Le jeu de l'ange

             Zola Emile : Thérèse Raquin

             Zweig Stefan : Clarissa

 Je tiens à préciser que mes notes, les étoiles ne concernent pas la qualité littéraire des oeuvres, bien des critiques se sont chargés de déterminer celle-ci avant moi et sûrement mieux. Je note les livres selon mon ressenti au moment où j'en ferme la dernière page, alors oui, Lolita aurait mérité ses 5 étoiles et Carver peut être pas, mais les choses m'émeuvent différemment selon mon vécu, selon les moments de ma vie où je les lis. Ces notes sont totalement subjectives, merci de n'en tenir pas grand compte.

 

 

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Le Magasin des Suicides de Jean Teulé  posté le lundi 16 juillet 2012 16:45

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                                                   Le Magasin des Suicides

                                                            ★★☆☆☆

Dans un monde bientôt post-apocalyptique, rongé par les guerres et les désastres naturels, le suicide est devenu une solution prisée par tous les milieux sociaux. La famille Tuvache l'a compris, et depuis dix générations se met au service des désespérés dans leur Magasin des Suicides. Cordes, lames de rasoirs affûtées, poison, parpaing pour les amateurs de noyade et même la traditionnelle méthode du seppuku, le choix est immense, et la famille est toujours à la recherche d'idées originales pour satisfaire leurs clients. L'affaire est florissante et on élève les enfants dans la pure tradition du culte de la mort, jusqu'au jour à la naissance du petit dernier, Alan (inspiré d'Alan Turing, inventeur de l'informatique, s'étant donné la mort en mangeant une pomme empoisonnée). Il est tout le contraire de ses aînés, mal dans leur peau et dépressifs, toujours souriant, il respire la joie de vivre, ce qui relève du blasphème aux yeux des siens. En grandissant, il devient la honte de la famille, l'on craint que son enthousiasme soit communicatif et fasse fuir la clientèle.

Jean Teulé est connu pour ses courts romans provocateurs, il va même jusqu'à puiser dans le fait-divers pour alimenter son inspiration (Mangez-le si vous voulez). A vrai dire, je n'avais lu que du mal à propos de ce livre-ci, mais j'avais trouvé l'intrigue originale. Une œuvre plébiscitée par la critique n'est pas pour autant de bonne qualité, malheureusement quand elle est unanimement décriée c'est souvent mauvais signe. Bien sûr je ne parle pas des critiques de journaux divers qui ont confondu littérature et merchandising. Tout ça pour dire que le Magasin des Suicides est une arnaque, malgré une bonne idée de départ. On se retrouve avec des personnages sans nuances, et une inversion des valeurs digne d'un conte pour enfants. Le style est calamiteux, la plupart du temps banal, l'auteur tombe parfois dans une sorte de lyrisme halluciné qui aurait presque sa place dans un bouquin surréaliste, métaphores délirantes que seule la licence poétique pourrait sauver. Ses références sont pauvres et parfois même fausses (mythe du logo d'Apple par exemple)... Un exemple de la maîtrise du français de Teulé "Allez oups dehors!". Ce genre d'erreur serait drôle dans la bouche d'un enfant ou d'un étranger, mais sous la plume d'un auteur français c'est inquiétant. L'avantage c'est que le texte a été imprimé en gros, ça n'a pas été un grand investissement de temps. J'ai vu que l'adaptation cinématographique sortait cette année, je suis dépitée. Encore un bel exemple de ce que j'appelle un junk-book.

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Guerre et Paix de Léon Tolstoï  posté le mercredi 06 juin 2012 01:56

Blog de diothyme :Lectures, Guerre et Paix de Léon Tolstoï

                                    Guerre et Paix

                                                                   ★ ★ ★ ☆ ☆

1805, Napoléon attaque Austerlitz. Pendant ce temps, en Russie, on suit la vie quotidienne de plusieurs familles. Les Rostov, anciennement très riches, mais que la mauvaise gestion du patriarche précipite à la ruine. Leurs enfants, Vera, hautaine et acrimonieuse, Natacha, pleine de vie et rayonnante, et le petit Petia. L'aîné Nicolas, est amoureux de sa cousine, Sonia, qui a été élevée avec lui. Tout deux se promettent fidélité avant qu'il ne s'engage dans l'armée. La famille du sévère Prince Bolkonsky, vieillard aigri et fortuné et sa progéniture, André, un homme droit et honnête et Maria bien plus dévote que jolie. Leurs chemins croisent celui de Pierre Bezoukhov, fervent visiteur de salons mondains, son immaturité lui vaut des ennemis qui tentent de l'éloigner de la capitale. Plusieurs mariages sont planifiés, mais les évènements séparent les fiancés.

Je n'ai jamais vraiment aimé Tolstoï, j'ai lu Anna Karénine qui m'avait relativement ennuyée et ensuite ses nouvelles de Sebastopol, nettement plus enthousiasmantes. Comme je suis férue de littérature russe, et vue la renommée de l'auteur, j'ai voulu en approfondir ma connaissance. Mon sentiment reste le même, je le trouve meilleur dans l'universel que dans le particulier. Les personnages sont fades, surtout les femmes, leurs descriptions peineraient à remplir trois lignes. Le seul personnage intéressant, qui a une véritable évolution au fil de l'intrigue, c'est Pierre, révolutionnaire, franc-maçon, amoureux mais toujours passionnément.
En lisant la biographie de Tolstoï, j'ai découvert que les nouvelles où il tenait un discours pacifiste et frais, ont été écrites lors de sa jeunesse, avant qu'il ne devienne officier. A croire que les romans suivants ont été écrits dans un style qui ne déplairait pas à son nouveau milieu.
Le livre est divisé en trois thèmes entremêlés, l'intrigue en elle-même (représentant environ un tiers du contenu total), le récit de guerre, un peu moins présent, et enfin la théorie de l'Histoire, de plus en plus présente. Je n'ai jamais été passionnée d'histoire, et j'ai été confrontée à un phénomène étrange à la lecture de Guerre et Paix, les passages de bataille me sont totalement hermétiques, je les lis, les relis, mais ils ne s'impriment pas dans mon cerveau. Heureusement, ils ne sont pas nécessaires à la compréhension du récit.
Tolstoï se pose en théoricien de l'Histoire, il utilise maintes analogies scientifiques et pour la plupart mécaniques pour expliquer le fonctionnement de la guerre. Il s'oppose aux historiens de son époque pour qui l'Histoire est le résultat des actions et des choix de personnages célèbres. Pour lui elle est la somme des volontés individuelles d'une époque. Il déduit qu'il existe un sens de l'histoire, supradivin, sans pour autant nous indiquer lequel.
J'ai trouvé le roman affreusement ennuyeux et regorgeant de paraphrases dans les parties philosophiques. Les coquilles de l'édition n'aidant pas à la fluidité de la lecture.
Je pourrai dire que dans ma vie j'ai lu Guerre et Paix, et c'est sans doute la seule raison pour laquelle je me réjouis de l'avoir fait.

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Les récits de la Kolyma de Varlam Chalamov  posté le mercredi 18 avril 2012 16:20

Blog de diothyme :Lectures, Les récits de la Kolyma de Varlam Chalamov

                                Les récits de la Kolyma

                                                        ★★★

Varlam Chalamov livre dans les Récits de la Kolyma ses expériences de camp de concentration et extermination. La Kolyma est une presque île située à l'extrême nord de la Sibérie. Il est condamné une première fois à la Vichéra, dans l'Oural central pour avoir critiqué Staline dans ce qui sera son "Testament de Lénine". Trois ans plus tard à son retour à Moscou, il est de nouveau arrêté, puis sa peine est encore allongée une fois à l'intérieur du camp, six ans après pour avoir dit de Bounine qu'il était un grand écrivain russe. Cette affirmation sera considérée comme de "l'agitation anti-sovétique". Vers la fin de sa peine, il fait des études d'aide-médecin, ce qui lui permet d'avoir un travail moins épuisant que la taille aurifère habituellement laissée aux prisonniers politiques. Enfin libéré, il revient vers sa famille, mais sa femme a élevé leur fille dans le mensonge à propos de sa situation et lui a inculqué le culte du stalinisme, ce que l'ancien bagnard voit comme une trahison à ses idéaux. Incapable d'écrire au camp, car le gel diminue les facultés cognitives de l'individu, ses récits constituent des fragments de souvenirs. L'édition contient l'intégralité des nouvelles dans six parties qui paraissaient habituellement séparées.

La première chose à noter dans la lecture des récits est qu'il est impossible de rester indifférent, le désespoir est présent dans chaque page, parfois marié à la compassion, à la terreur, et souvent à l'humour. Chalamov est un optimiste irrécupérable, comme dans le travail minier, il sait extraire des pépites de la boue la plus noire. Malheureusement je n'ai réussi à lire que les deux tiers du livre (ce qui correspond quand même à un millier de pages), je suis d'habitude plus tenace, mais dès la seconde partie l'auteur fait des redites, il va même jusqu'à raconter les mêmes anecdotes sur les mêmes personnages, et cela devient totalement indigeste, je recommande donc la lecture des recueils individuels. Ses souvenirs sont légèrement romancés en cela qu'il incarne plusieurs personnages qui sont pour lui autant d'alter-égos, j'ignore s'il raconte les histoires des détenus qu'il a connu à la première personne, ou s'il s'invente des avatars pour sa propre histoire. J'ai été happée par chacune de ses nouvelles, et certains exemples m'ont profondément émue... Lorsqu'il faisait plus de -50°, les crachats des détenus gelaient à l'air libre, un individu normal ne survivait que trois semaines à la taille aurifère, et devait pour manger "correctement" remplir une norme qui était de 2m3 de terre creusée, avec le permafrost c'était impossible. Les dénonciations pour lesquelles on est emprisonné entre 1920 et 1945 en Russie sont incroyables, une femme vend son mari par simple commodité, et au sein des camps on rallonge les peines pour un rien, la main d’œuvre gratuite est une aubaine pour l'état. Ce qui m'a le plus choqué est la profonde disctinction faire entre les politiques et les prisonniers dits de "droit commun" (voleurs, meurtriers, pédophiles et autres sympathiques personnages...). Les Ivan Ivanovitch, comme on appellait les intellectuels, étaient désignés comme des "ennemis du peuple" a contrario de leurs compagnons, on leur donnait alors les tâches les plus dures, qui les tuait encore plus rapidement que les anciens travailleurs manuels. Un mot mal placé était donc plus grave qu'un meurtre... Dans la quatrième partie du livre, Chalamov s'improvise théoricien, critiquant l'engouement que la littérature voue aux truands, fléau des prisons. Ces hommes sans foi ni loi pillent les plus pauvres, dépravent les femmes, tuent et torturent sans pitié. Toutefois je l'ai trouvé meilleur conteur, son argumentation est très scolaire et encore une fois répétitive, le recueil "Essai sur le monde du crime" est donc à éviter. Grâce à lui et au merveilleux travail des traducteurs j'ai découvert beaucoup de nouveaux auteurs russes qu'il me tarde de connaitre. Une fois encore j'ai été éblouie par le caractère du russe, beaucoup préfèreront mourir de faim que d'accuser ou de voler un camarade, la morale passant avant tout. Un ouvrage de poids, qui si vous vous intéressez à l'histoire ou juste à la littérature russe, vous ravira.

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L'aveugle au pistolet de Chester Himes  posté le samedi 14 avril 2012 16:21

Blog de diothyme :Lectures, L'aveugle au pistolet de Chester Himes

                                    L'aveugle au pistolet

                                                               ★★★

Harlem, un immeuble insalubre abrite un couvent de soeurs noires, mariées à un vieillard excentrique qui se prétend mormon. Le bâtiment grouilles d'enfants,, fruits des amours du siècle d'existence du patriarche. Le plus âgé,  est affligé de retard mental et s'occupe de la cuisine. Sur la fenêtre est affichée une pancarte qui annonce rechercher des femmes fertiles, en effet, l'une des épouses étant décédée, il va falloir la remplacer. Dans le même temps, des mouvements politiques s'organisent dans le quartier. Un couple mixte compte monter une manifestation promouvant la fraternité des races. Les blacks muslims sont soupçonnés d'agitation urbaine, alors que le chargé de la tambouille, pas si bête que ça finalement, décide de fonder une nouvelle religion fondée sur l'idée d'un Jésus noir. Harlem est en ébullition, et c'est à deux flics de choc que l'on demande de trouver l'origine des troubles. Ed Cercueil et Jones Fossoyeur ne sont pas au bout de leur peines, habitués à faire régner l'ordre à l'aide de leurs calibres, ils devront cette fois faire preuve de plus de tact au milieu de la cohue.

Chester Himes, fervent défenseur de la cause noire nous livre ici le plus engagé de ses récits, d'ailleurs c’est le seul qui a une véritable portée politique. Se servant d'un fait divers et de ses souvenirs, il dépeint un quartier pittoresque, où se mêlent glauque et humour. Il ne croit pas en une éventuelle égalité des races et décrit ses "nègres" comme des paresseux, obnubilés par le sexe, ayant une joie de vivre à toute épreuve qui n'hésitent pas à arnaquer leur prochain dès que l'occasion se présente. Il soulève une question épineuse ; l'origine des conflits à Harlem, qui savent prendre tant de formes. Entre absurde et critique sociale, Himes utilise un procédé narratif novateur, compilant des fragments de l'intrigue, sans aucun lien apparent. Ceux-ci prennent tout leur sens dès le milieu du roman. J'ai lu également La reine des pommes, plus classique dans la forme, mais tout aussi savoureux. Sans revendications, l'auteur brosse le tableau fascinant d'un microcosme dont nous serons à jamais exclus.

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